Radio parasite

 

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Durée : 30 minutes en moyenne

 


Podcast::

Juillet 2022 : Radiocast #051 – Contre l’euro avec l’extrême droite ? Sapir sans soutiens

 

Le 21 août, Jacques Sapir, directeur de recherche à l’EHESS passe le Rubicon. L’économiste, identifié de longue date à la gauche radicale et à l’opposition envers l’euro, écrit sur son blog (dans la version longue d’une interview accordée au site Figaro Vox) que dans la lutte contre l’euro, il lui paraît évident que la gauche doit se rapprocher des souverainistes, et surtout considérer une alliance avec le Front national. Quelques mots qui cristallisent les tensions et les désaccords stratégiques qui couvent au sein de la gauche de la gauche depuis des mois : sortir ou non de l’euro ? subvertir de l’intérieur la logique de l’Union européenne ? Avec quelles alliances ?
Dans son texte, Sapir reprend à son compte l’appel de Stefano Fassina, ancien député italien, vice-ministre de l’économie en 2013 du gouvernement Letta. Ce membre de l’aile gauche du parti démocrate a quitté sa formation en raison de ses désaccords avec Matteo Renzi et appelle dans son texte à la création de « fronts de libération nationaux » visant à démanteler la monnaie unique européenne, après l’échec du gouvernement grec de Syriza à réorienter l’Union européenne. L’appel a été repris sur son blog par l’ex-ministre des finances grec Yanis Varoufakis, qui se déclare toutefois opposé à une « désintégration contrôlée de la zone euro ».
Et Sapir de commenter : « À partir du moment où l’on se donne comme objectif prioritaire un démantèlement de la zone Euro, une stratégie de large union, y compris avec des forces de droite, apparaît non seulement comme logique mais aussi nécessaire. (…) La présence de Jean-Pierre Chevènement aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan lors de l’Université d’été de Debout la France est l’un des premiers signes dans cette direction. Mais, ce geste – qui honore ces deux hommes politiques – reste insuffisant. À terme, la question des relations avec le Front National, ou avec le parti issu de ce dernier, sera posée. »
Car pour l’économiste, l’heure est à l’union sacrée, quels que soient les partenaires : « Il faut comprendre que très clairement, l’heure n’est plus au sectarisme et aux interdictions de séjours prononcées par les uns comme par les autres. (…) Il faudra un minimum de coordination pour que l’on puisse certes marcher séparément mais frapper ensemble. C’est la condition sine qua non de futurs succès. »
Cette position, Jacques Sapir l’a maintenue dans plusieurs médias. Par exemple sur France Inter jeudi 27 août, même s’il prend un peu de distance rhétorique quant à une alliance possible avec le FN : « J’ai dit à terme, et c’est une possibilité, et pas une probabilité, parce que nous ne savons pas quelles seront les évolutions que pourra connaître ce parti, ou un parti qui pourrait en être issu. »

Cette prudence nouvelle dans les termes, qu’il développe aussi lors de son passage ce vendredi sur le site Arrêt sur images, s’explique par la levée de boucliers que son interview a déclenchée. Sous des plumes peu connues pour leur tendresse pour l’extrême gauche, bien sûr. Ainsi, le directeur de Libération Laurent Joffrin estimait dès le 23 août que « les masques tombent ». « Une alliance des extrêmes ? C’est la logique arithmétique et politique de la posture anti-euro », écrit Joffrin.
Mais les coups viennent aussi des partisans d’une sortie de l’euro au sein même de la gauche de la gauche. Parmi les économistes de ce camp, la position de Sapir est depuis longtemps compliquée. Il ne cache pas son attrait pour le souverainisme, et l’un de ses proches, l’économiste Philippe Murer, est conseiller économique du Front national depuis plus d’un an (une décision qu’il qualifie d’« erreur »). Mais d’autres ne se retrouvent aucunement dans cette tentation du rapprochement. Parmi eux, l’économiste Frédéric Lordon, qui sera justement invité le 3 septembre dans le prochain « live » de Mediapart pour débattre de ces questions, ne pardonne pas l’appel à s’unir avec la droite et l’extrême droite. Sur son blog, il déplore que « quelqu’un comme Jacques Sapir, qui connaît bien l’histoire, ait à ce point perdu tout sens de l’histoire » et affirme que « la période est à coup sûr historique, et l’histoire nous jugera ».
Pour Lordon, c’est « le mono-idéisme » de Sapir qui l’égare : « Puisque la Cause, c’est la sortie de l’euro, et que rien d’autre n’existe vraiment. On envisagera donc l’âme claire de faire cause commune avec un parti raciste parce que « raciste » est une qualité qui n’est pas perçue, et qui ne compte pas, du point de vue de la Cause. » L’économiste Cédric Durand, partisan déclaré d’une sortie de l’euro « de gauche » (voir ici et là son analyse sur le « Grexit », et lire ici le compte-rendu de l’ouvrage qu’il a dirigé sur la question), est sur la même ligne, alors même qu’il a contribué en 2013 à une étude signée par Sapir et Murer sur les « scenarii de dissolution de l’euro », pour la fondation Res Publica.
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La prise de distance est tout aussi nette du côté du Front de gauche. Dans Le Monde, Éric Coquerel, coordinateur national du Parti de gauche, dénonce une « aberration », alors que l’économiste star du parti, Jacques Généreux, estime que « Jacques Sapir est victime de sa fixation sur le seul problème de l’euro ». Sur le plateau d’Arrêt sur images, Coquerel est très incisif face à Sapir, lui reprochant de « faire marquer un point » au FN, « dans un contexte où Marine Le Pen peut gagner » et de faire croire que le FN se résume à la sortie de l’euro.
Il est vrai que dans le camp de Jean-Luc Mélenchon, les déclarations de Sapir pourraient poser un problème de brouillage, puisque le parti compte faire monter en puissance, notamment à l’occasion de son université d’été ce week-end, l’idée d’un « plan B ». C’est-à-dire la sortie de la zone euro si les tentatives d’infléchir sa politique économique échouent, avec des arguments qui rejoignent en partie ceux de Sapir, mais sans aucune référence aux souverainistes ou au FN. Mélenchon et Coquerel appellent désormais à l’organisation d’un « sommet internationaliste du plan B » pour la fin de l’année, qui « réunirait toutes les forces de l’autre gauche de l’UE acceptant de travailler et de réfléchir concrètement à ce scénario ».
Dans une interview à La Dépêche le 27 août, Mélenchon appelle de ses vœux « des solutions internationalistes qui rapprochent les peuples ». Il relaie aussi sur son blog un appel en ce sens signé Oscar Lafontaine, le fondateur du partie allemand Die Linke. Dans le même temps, il se revendique tout de même d’un « nouvel indépendantisme français » et répond sans détour au Journal du dimanche le 23 août : « S’il faut choisir entre l’indépendance de la France et l’euro, je choisis l’indépendance. S’il faut choisir entre l’euro et la souveraineté nationale, je choisis la souveraineté nationale. »
Sans modifier sa ligne sur le fond, Jacques Sapir semble comprendre que ses mots lui ferment bien des portes dans son propre camp, et qu’il lui faut nuancer ses déclarations. Il y a quelques jours, il estimait encore que la préférence nationale voulue par le FN n’était pas vraiment un problème, puisqu’« il y a déjà toute une série de professions qui sont interdites aux non-Français ». Dans son dernier billet de blog, daté du 27 août, il change franchement de position. Même s’il martèle qu’« on ne fait pas un front avec ses « amis » ou ses semblables politiques », il condamne pour la première fois franchement la préférence nationale, d’un point de vue légal mais aussi économique : « L’idée de préférence nationale, hors le domaine des professions particulières (liées aux fonctions régaliennes de l’État qui incluent la sécurité, la justice et l’éducation), est en réalité inconstitutionnelle si on regarde le préambule de la Constitution. Il en va de même pour les droits que l’on appelle « sociaux » et qui sont la contrepartie de contributions des salariés et des employeurs. (…) Toute segmentation du marché du travail sous la forme de l’application de la « préférence nationale » conduirait à des pressions inflationnistes importantes qui pourraient compromettre les effets positifs attendus de la sortie de l’Euro. C’est l’une des raisons pour lesquelles la participation du Front National à ce « front » n’est pas aujourd’hui envisageable, alors que celle du mouvement politique de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France, l’est pleinement. »
Dans ces débats qui secouent la gauche, n’oublions pas la parole de Yanis Varoufakis, qui fut quelques mois durant au cœur de la tempête. Dimanche 23 août, invité à Frangy-en-Bresse par Arnaud Montebourg, l’économiste grec est longuement revenu sur la question de la souveraineté et des résurgences nationalistes (le discours entièrement traduit est à retrouver sur le blog de Monica M.). Son analyse est on ne peut plus claire :
« Je tiens à différer de ceux qui ont imputé la crise de l’Europe « à l’Allemagne » et « aux Allemands ». Je me suis toujours opposé à cela pour deux raisons. Tout d’abord, « les Allemands » ça n’existe pas. Pas plus que « les » Grecs. Ou « les » Français. (…) En 1929, un accident à Wall Street a commencé le processus qui a démantelé la monnaie commune de l’époque – le Gold Standard. En 2008, un autre accident à Wall Street a commencé le processus de fragmentation de la zone euro. À ces deux occasions, les Français se retournèrent contre les Allemands, les Allemands contre les Français, avant que les Français ne se retournent contre les Français, les Grecs contre les Grecs et les Allemands contre les Allemands. À ces deux occasions, dans les années 1930 et maintenant, les seuls bénéficiaires ont été les bigots, les nationalistes, les xénophobes, les misanthropes. L’œuf du serpent n’a pas mis longtemps à éclore dans de telles circonstances.
(…)
Donc, jamais plus de stéréotypes sur les Grecs, les Allemands, les Français, tout le monde. Tendons la main à tous ceux qui veulent refaire de l’Europe un royaume démocratique de prospérité partagée. Chers amis, la diversité et la différence n’ont jamais été le problème de l’Europe. Notre continent a commencé à se réunir avec de nombreuses langues et des cultures différentes, mais il est en train de finir divisé par une monnaie commune. Pourquoi ? Parce que nous laissons nos dirigeants faire quelque chose qui ne peut pas être fait : dépolitiser l’argent, pour faire de Bruxelles, de l’Eurogroupe, de la BCE, des zones franches apolitiques. Quand la politique et l’argent sont dépolitisés ce qui se passe, c’est que la démocratie meurt. »

Juin 2022 : Radiocast #050 –Construire en zone inondable : un rêve devenu réalité grâce au maire de La Coquille-sur-Mer

La-Broutille-sur-Mer, France — Le maire d’une petite commune, dont le nom a été modifié pour sauvegarder l’intégrité de ce petit paradis terrestre, est actuellement jugé en appel par la Cour d’Appel des Sables d’Olonne. Il risque 4 ans de prison ferme. Son crime ? Avoir permis à des particuliers de réaliser leur utopie en les autorisant à construire dans une zone inondable.

Vue sur l’esplanade de la façade nord de l’hôtel de ville, arpentée par des riverains paisibles

Des petits airs d’Atlantide
On l’y reprendra à deux fois : René Marratier n’est pas près de revêtir de nouveau le costume du Père Noël pour ses concitoyens !
Il avait voulu redorer le blason du misérable village de La-Divagation-sur-Mer, en incitant notamment les habitants à s’approprier les zones sablonneuses en y installant leur domicile permanent. Des publicités, alors largement diffusées par la commune, vantaient même avec force les mérites d’une vie sous l’eau.
C’est ce caractère aquatique qui avait plu à l’époque, la plupart des zones constructibles étant situées, en France, sur la terre ferme.

C’est malheureusement ce même caractère qui a conduit, en 2010, à la noyade de près de 29 personnes. Une tragédie qui illustrait, selon le maire interrogé au moment des faits, les limites du tourisme en ville inondée.

Quelques actes de commerce négligeables
Accusé avec Françoise Babin, qui cumulait alors les casquettes de première adjointe au maire, d’agent immobilier et de gestionnaire de son propre patrimoine, d’avoir dissimulé le caractère inondable des terrains sur lesquels il projetait de faire construire entre autres un aquagolf, M. Marratier s’est pourtant défendu de tout intérêt personnel. Il aurait toujours agi dans l’intérêt des erreur-sous-merois.
« Bien que nous touchassions des rétributions, je n’eus pas pu y voir le moindre mal », a-t-il tenté d’expliquer en première instance, orientant intelligemment par la suite les débats sur le mauvais usage de la langue française faite par les jeunes.
« Mon projet de collège sous-marin aurait également permis d’enregistrer de grands progrès parmi les élèves, pour la plupart en échec scolaire après notre précédent projet de collège aérien, porté par un millier de ballons gonflés à l’hélium. » Un argument qui semble avoir fait mouche puisqu’il a finalement été relaxé par le tribunal correctionnel.
Mais c’était sans compter sur le ministère public et sa sécheresse de cœur qui, non content de stigmatiser l’action d’un maire moderne qui vit avec son temps par le fait de faire appel, a renouvelé devant la Cour sa volonté de ne pas voir poindre les hydrocités futuristes telles que La-Mistake-sur-Mer avant le XXXième siècle.
Pourtant, selon l’ancien maire, la technologie des hydrocités permettrait de recycler le carbone pour en faire du vrai fromage de chèvre comestible.

Un maire trop en avance sur son temps ?
Alors que beaucoup en sont encore à observer les tribunaux dans l’attente d’un jugement pour l’envoyer en prison et toutes ces choses matérielles, René Marratier a quant à lui déjà les yeux tournés vers l’océan.
Il envisage d’y faire construire, grâce à l’argent de gains fortuits dus à de très belles opérations immobilières, une ville sous-marine qu’il compte ironiquement baptiser La Faute-sous-Mer. Il compte ainsi réaliser, faute de soutien des autorités terrestres, sa propre utopie telle que prédite dans les légendes nordiques.
Et il y aura bien entendu un aquagolf, pour tous les amateurs.

Source : Office de Tourisme de La Connerie-sur-Mer

Mai 2022 : Radiocast #049 – Conscience. de Pierre JC Allard

Peut-on aller plus loin dans l’ouverture à TOUT et se distancer même de son identité ? NON. On ne peut pas plus se distancer de son identité qu’une chose de son ombre, car l’identité suit la conscience, laquelle se crée au contact d’un « non-moi » complémentaire et est incessamment enrichie de la séquence des perceptions de leur interaction.
De la perception de l’altérité nait toute conscience – dont la « conscience de soi ». La Conscience, qui ne se definit pas, mais dont le constat peut se décliner comme on veut, au gré d’une infinie et eternelle tautologie.

On ne peut choisir de se distancer de l’identité qu’on se perçoit, mais celle-ci, se transformant sans cesse, ne peut avoir d’autre permanence qu’une perception de ce changement. La conscience de soi se confond ainsi avec la conscience du changement lui-même… et n’a pas d’autre substance.
Ce qu’on appelle « être » est en réalité « devenir ». Un flux. La conscience est une chaîne de pensées, dont rien ne prouve qu’elle ait une autre cohérence que son déroulement même. Existe-t-il vraiment un Observateur-sujet… ou seulement une séquence d’observations dont il est le produit plutôt que la source ?
Ce qu’on appelle « identité » ne serait-il pas une simple « identification » ephémère de la conscience à son objet dans l’instant même ? Le role de la notion d’identité découlant de ce déroulement d’observations ne serait-il donc alors que l‘équivalent mnémonique de la persistance rétinienne, une illusion de la Conscience pour que puissent coexister son désir de maintenir une cohérence, de CONTINUER, d’être dans la durée… et cette autre désir qui est de changer, de VIVRE de réaliser toutes les combinaisons du possible ?
Ne nous y trompons pas, ces deux desirs (pulsions) sont antithétiques. De la rapide succession des pensées–images, la Conscience fait un film. La réalité de la Conscience, ce sont ces pensées–images, mais son attachement est au « film », au déroulement, a cette identité, qui pourtant n’est pas cause, mais effet, pure création ….et infiniment éphémère. L’identité à laquelle la Conscience s’attache freine le déroulement spontané du film et est donc la source de son insatisfaction.
On ne peut se détacher de son identité, mais on peut accepter qu’elle se détache de soi. Ce détachement ne délivre pas la conscience de la necessité de l’identification – une libération qui serait un impossible choix du néant ! – mais permet seulement la transformation sans douleur de l’identité.
L’identité acceptée comme ephémere, l’observateur devient alors toujours UN avec l’objet observé… dont il tire sa seule substance et qu’il perçoit comme SON observation même s’il sait/sent que c’est lui qui EST CELA (Tat TvamAsi) et rien d’autres.
Pierre JC Allard.
A bientôt.
Et grosse bise numérique.

 

Avril 2022 : Radiocast #048 – Comment passe-t-on de la croyance à la violence ?

Comment passe-t-on de la croyance à la violence ?
DE MARCUS CLAMS
On observe aujourd’hui une recrudescence des combats au nom de dieu. Des personnes sont assassinées, non pas pour ce qu’elles font, mais pour ce qu’elles sont. Comment un croyant, à priori pacifique, peut-il sombrer dans un tel extrémisme ?

Pour comprendre ce phénomène, il s’agit dans un premier temps d’analyser le processus qui mène à la croyance.
Dans le monde scientifique et rationnel, une incertitude est représentée par une probabilité. Une probabilité n’indique pas qu’une proposition soit vraie ou fausse, mais qu’elle est possible et plus au moins réalisable. Ainsi, si on jette un dé non pipé à six faces, la proposition « je vais faire un six » n’est ni vraie ni fausse, elle est juste possible avec un probabilité de un sixième.
Il semblerait que l’Homme ait quelques difficultés à appréhender les incertitudes, souvent génératrices d’angoisses. Cette caractéristique varie selon les individus, en fonction de leur éducation et de leur environnement, mais, de la même façon que l’Homme recherche une sécurité physique en se protégeant de l’environnement extérieur, il a aussi tendance à rechercher une certaine sécurité psychologique en s’affranchissant des incertitudes, via la croyance. Une croyance est, en effet, l’aboutissement d’un processus volontaire qui va transformer une incertitude en certitude. C’est donc par définition un processus anti-rationnel et qui dépend uniquement de la volonté de la personne. De même, comme la pensée est inaliénable, l’abandon d’une croyance dépend uniquement de la volonté de l’individu. Ainsi, en reprenant l’exemple du dé, et en imaginant que l’issu du jet soit impossible à connaître, Jean veut que la proposition « je vais faire un six » soit vraie, Jean devient alors croyant.
Lorsqu’une même croyance rassemble plusieurs personnes une doctrine émerge, une autorité apparaît, la croyance prend alors une dimension politique et culturelle. Néanmoins les fondements de cette doctrine demeurent très fragiles, car basés sur des paradigmes non rationnels. La survie de cette croyance dépend donc uniquement de la volonté de ses sujets, souvent liée à la capacité des autorités à perpétuer la croyance.
L’Histoire illustre le tropisme de l’Homme pour les croyances, en particulier pour expliquer ce qu’il ne comprend pas. Si cette distorsion de la réalité permet de se rassurer, elle ne va pas être sans conséquences. En effet, comme une variable aléatoire peut prendre différentes valeurs, rien n’empêche d’autres personnes de croire en d’autres valeurs. Ainsi, en conservant l’exemple du dé dont l’issu du jet est impossible à connaître, Amine peut devenir croyant de « je vais faire un cinq » et Sarah de « je vais faire un quatre ».
Il existe donc une certaine incompatibilité, précarité et concurrence entre les croyances. Pour les autorités d’une doctrine, il s’agit donc de mettre en place un ensemble de mesures pour garantir la pérennité de l’édifice. Ces mesures s’articulent autour de quatre directions.
Un premier axe concerne l’isolement. Il s’agit de limiter les contacts extérieurs qui pourraient être subversifs en promouvant une vie communautaire. Par ailleurs il faut aussi veiller à absorber les chocs extérieurs, comme les avancées de la science, pour anticiper les contradictions éventuelles.
Ensuite un deuxième domaine concerne l’éducation. Il s’agit de baigner les enfants dans la doctrine pour qu’ils soient peu enclins à en sortir à l’âge adulte.
Un troisième axe, uniquement valable pour les croyances où la conversion est possible, concerne le prosélytisme. Il s’agit de pousser à la conversion les individus non croyants, en utilisant tout type de moyens, du traditionnel missionnaire aux média modernes comme Internet.
Enfin, le dernier domaine concerne la fusion de la vie culturelle avec la doctrine. Il s’agit ici d’associer la croyance à la vie sociale et culturelle, en déléguant à la doctrine la gestion des nombreux événements de la vie (naissance, mort, jours chaumés, récoltes, catastrophes naturelles). Dans ce contexte la sortie de la doctrine est plus difficile, car elle devient synonyme d’exclusion sociale.
Ces différentes mesures tendent à rentre le monde extérieur relativement anxiogène pour le croyant. Il apparaît ainsi un certain paradoxe pour les croyances, car, initialement prévues pour limiter l’angoisse liée aux incertitudes de l’existence, elles recréent une angoisse associée cette fois au monde extérieur profane.
L’intensité de cette angoisse varie selon les croyants et engendre différents types de comportements.
Première possibilité, l’angoisse du croyant vis à vis du monde extérieur est nulle. Dans ce cas il possède une foi inébranlable, il ne craint en rien les contacts et les débats avec l’extérieur, les convictions exposées peuvent même semer le trouble dans l’esprit des profanes.
Deuxième possibilité, l’angoisse du croyant est modérée. Le croyant va alors adopter un comportement conservateur pour se protéger en se repliant sur sa communauté. La vie en proximité de profanes est parfaitement pacifique, mais les débats sur des sujets sensibles sont généralement évités.
Enfin, dernière possibilité, l’angoisse du croyant est forte. Ces personnes, fragiles et influençables, sont peu sûres de leurs convictions et ont tendance à adopter des comportements moutonniers. Ils savent que leur croyance repose sur une incertitude, mais ils ne peuvent l’admettre consciemment. Ils se sentent en danger en présence de nombreux profanes et tentent de se protéger du monde extérieur en se repliant sur eux-mêmes, en réalisant un prosélytisme agressif, ou encore en effectuant de la surenchère conservatrice au sein de leur communauté. De plus, chez une toute petite minorité de ces croyants, cette négation de l’altérité dérive en destruction de l’altérité. Commence alors un cycle de violence contre le monde profane, et parfois même contre certains membres de sa propre communauté, qui peut aboutir à des meurtres ou à des appels aux meurtres si le croyant exerce un poste important au sein de l’autorité du dogme.
Ce sont donc les croyants les plus faibles, c’est à dire ceux dont la volonté de croire pourrait s’effondrer face à un peu d’altérité, qui sont le plus susceptibles de sombrer dans la violence extrême, passant ainsi de la croyance à la violence.
La croyance est donc l’aboutissement d’un processus volontaire, non rationnel, qui va transformer une probabilité en certitude. Afin de préserver cette volonté, les autorités du dogme vont créer un cadre, plus ou moins anxiogène pour les croyants, qui va engendrer chez une infime minorité une attitude violente vis à vis du monde profane. Il est donc fondamental que ces autorités agissent pour éviter que ces personnes ne sombrent dans un intégrisme destructeur. La république doit aussi participer à cette prévention, en gérant convenablement les contradictions induites par une société multi-confessionnelles. Dans cette optique, elle doit garantir la liberté de croire tout en cantonnant la croyance dans la sphère strictement intime, débarrassée de toute ambition politique – ce qui pourrait être une bonne définition de la laïcité.
DE MARCUS CLAMS

Mars 2022 : Radiocast #047 – Comment le wahhabisme saoudien est la source du terrorisme islamiste.

Comment le wahhabisme saoudien est la source du terrorisme islamiste.

Le Dr. Yousaf Butt est un conseiller senior auprès du Conseil américano-britannique de l’information sur la sécurité et directeur à l’Institut de l’intelligence culturelle. Les opinions exprimées ici sont les siennes.

Huffpost.com, le 20 janvier 2015

LONDRES – Les attentats terroristes horribles contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo à Paris ont conduit à des spéculations quant à savoir si les tueurs – les frères Chérif et Saïd Kouachi – étaient des loups solitaires ou s’ils étaient liés à des cerveaux au sein d’ISIS ou de son rival, Al-Qaïda. Bien qu’Al-Qaïda au Yémen ait revendiqué l’attaque, il n’est pas clair de savoir à quel degré l’affilié a effectivement dirigé l’opération. Peu importe que les connexions de l’organisation (le cas échéant) soient finalement avérées vraies, une chose est claire: la source de l’extrémisme islamique qui encourage et légitime cette violence se trouve dans la souche de l’islam du « wahhabisme » fanatique centré en Arabie Saoudite. Et si le monde veut tasser et éliminer un tel extrémisme violent, il doit se confronter à cet hôte primaire et facilitateur.

Paradoxalement, alors que l’ambassadeur d’Arabie Saoudite au Liban, Ali AwadAsiri, a participé au rassemblement de solidarité « je suis Charlie » à Beyrouth à la suite des attentats de Paris, de retour à la maison, le blogueur saoudien RaifBadawi a reçu les 50 premiers coups de fouet des 1000 qui lui sont dûs chaque vendredi sur les 20 prochaines semaines. Son crime? La gestion d’un site libéral pour promouvoir la liberté d’expression. (Heureusement, ces derniers jours, il semble que les autorités saoudiennes ont cédé à la pression internationale et suspendu la sentence.

Par exemple, un câble Wikileakscite clairement la secrétaire d’État de l’époque, Hillary Clinton, qui dit que « les donateurs en Arabie Saoudite constituent la plus importante source de financement des groupes terroristes sunnites dans le monde entier. » Elle continue: « Plus de choses doivent être faites étant donné que l’Arabie saoudite reste une base de soutien financier essentiel pour al-Qaïda, les talibans, et d’autres groupes terroristes. » Et ce ne sont pas seulement les Saoudiens: le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis sont également impliqués dans le mémo. D’autres câbles publiés par Wikileaks décrivent comment les sociétés écran saoudiennes sont également utilisées pour financer le terrorisme à l’étranger.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.huffingtonpost.com/dr-yousaf-butt-/saudi-wahhabism-islam-.

Février 2022 : Radiocast #046 – Bye-bye l’euro: le rêve tourne très vite au cauchemar.

Un beau matin, à l’heure où la France qui se lève tôt allume la radio et fait chauffer le café, le pays se réveille avec une nouvelle monnaie, le « franc-euro ». L’exercice « du documentaire-fiction » à vocation pédagogique n’est pas nouveau. Le « film au conditionnel », produit par Simone Hariri et réalisé par Ella Cerfontaine (et que France 5 diffusera le 17 février à 20 h 45), reprend le thème d’un abandon brutal de la monnaie unique par la deuxième économie de la zone euro. Avec le choc des images.
Même si personne (officiellement) ne souhaite un « Grexit », le thème est redevenu d’actualité en raison du mélange de bras de fer et de partie de poker menteur auquel s’adonnent le nouveau gouvernement grec de la « gauche radicale » et les différentes instances politiques et financières européennes. Mais, loin d’être « exemplaire », la Grèce peut apparaître comme exotique, pour ne pas dire caricaturale, et en tout cas lointaine. D’où l’intérêt d’imaginer à domicile ce qui était inimaginable… avant la « grande récession », au moins dans l’esprit des architectes de l’euro.
En mêlant des images d’archives détournées, parfois un peu convenues (le bal des limousines au Justus Lipsius de Bruxelles lors des sommets européens), et les entretiens avec des personnalités qui ont accepté de se mettre en situation de « faire comme si… », de l’inévitable Jacques Attali à Christophe Barbier, Bye-bye l’euro est une bonne démonstration d’infotainment. Sans avoir l’intensité d’une vraie « fiction », comme Margin Call. Les performances les plus convaincantes ne sont pas à mettre au crédit des  « experts », pas toujours très à l’aise dans ces rôles de composition, Michel-Édouard Leclerc avouant même qu’il est à la peine parce qu’il ne croit tout simplement pas au scénario qui verrait la France quitter la zone euro.
Les personnages qui tirent le film, ce sont en fait ces « gens ordinaires » confrontés brutalement aux conséquences pratiques de la perte de repères que représente d’abord un changement de monnaie. En attendant les autres pertes, bien plus douloureuses. Succulent, le boulanger Jean Ribeiro, par vocation l’un des premiers à jongler, dès l’aube du lundi matin, avec la nouvelle monnaie et l’ancienne. « C’est pas simple. » Criant de vérité, le patron de PME, Bruno Grandjean, confronté à l’exercice impossible consistant à recalculer ses prix de revient et ses marges alors que toutes les références dans une chaîne d’approvisionnement complexe sont perdues. Sans surprise, le cafetier qui, comme lors de l’introduction de la monnaie unique, profite du retour en arrière pour faire valser la facture du petit noir.
Comment en est-on arrivé là ? Dans un enchaînement crédible, c’est la chute du domino italien emporté par la faillite de ses banques, qui fait tomber la France, incapable de supporter la concurrence provoquée par une « nouvelle » lire, dévaluée de 25 %, à l’image de Philippe Nicolas, éleveur confronté à une « catastrophe immédiate ». Une ultime réunion dominicale à Bruxelles, ultime échec, et le président François Hollande annonce dans un communiqué, avec effet immédiat, la sortie de l’euro et l’arrivée du « franc-euro ».
Quant aux effets de cette décision, Bye-bye l’euro n’est pas vraiment neutre. On assiste à une démonstration à charge, les rares acteurs qui se félicitent de ce retour à la souveraineté (Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan) ne faisant guère le poids face à tous ceux qui y voient au contraire un désastre, une défaite, un déclassement. Parmi les experts, il n’y a guère que Jacques Sapir, militant de la fin de l’euro, pour se réjouir de voir les employés de la Banque de France transformer les billets en euro en « franc-euro » à coup de tampons, en attendant l’arrivée des nouvelles coupures (ce qui demandera trois mois et coûtera quatre milliards d’euros).

Les billets en franc-euro tamponnés par la Banque de France. © Effervescence.
En trois jours, la nouvelle monnaie, introduite à parité avec l’euro, perd un quart de sa valeur sur le marché des changes. Pour l’industrie, à l’exception du tourisme, l’avantage n’est pas évident. Les composants qui viennent de pays à monnaie forte, l’euro, coûtent désormais plus cher. Comme l’explique le patron d’une PME exportatrice, soucieux de changer ses machines-outils, « la France n’est plus présente et ne reviendra pas ». Il faut payer au prix fort les fabricants allemands ou japonais. « Le retour au franc, c’est un frein à notre modernisation industrielle. »
Avantage compétitif ? Pour Otmar Issing, ancien économiste en chef de la BCE, l’industrie allemande ne se laissera pas faire, va pousser encore les feux sur la productivité et le pays va accélérer le rythme des réformes : « La France s’est tiré une balle dans le pied », conclut-il avec un large sourire. La réaction vigoureuse de l’industrie japonaise au moment de l’endaka (le yen fort) lui donnerait plutôt raison.
Côté consommateurs, ce n’est pas mieux. Les prix des produits importés s’envolent. « C’est le consommateur qui paie », affirme le patron des centres Leclerc. Industriels ou distributeurs, « personne ne dispose d’une rente de 20 % » susceptible d’amortir le choc. L’économie est désorganisée, le chômage s’envole à 5 millions de demandeurs d’emploi dans la catégorie A (15 % de la population active), l’impôt ne rentre plus. Les taux d’intérêt sur la dette publique explosent : 12 %. C’est le retour du carnet de change, ce vestige du début des années 1980, quand le touriste disposait de 2 000 francs par an pour ses escapades hors des frontières.
La loi de finances 2015, c’est « le budget impossible ». « Nous allons couler », proclame Jacques Attali. Résultat final : l’austérité est pire que celle à laquelle on voulait échapper en quittant l’euro. Ce n’est pas vraiment une surprise : l’ancien ministre des finances François Baroin rappelle le pronostic esquissé dans la réunion secrète baptisée “Black Swann” qu’il avait organisée à Bercy en novembre 2011 pour essayer de mesurer l’impact d’un abandon de la monnaie unique.
Si, comme une dévaluation classique, la sortie de l’euro ne peut pas vraiment être préparée à l’avance (contrairement à son introduction, peaufinée pendant de longues années), elle soulève des questions intéressantes. Dans les pays drogués au dévergondage de la monnaie, comme l’Italie et la France d’avant l’euro, la recherche d’un refuge conduisait aux comptes en Suisse (Genève pour les Français, Lugano pour les Italiens), vers l’or et le dollar, dans les banques de Miami pour les Argentins. Ou encore l’immobilier. Avec l’euro, la valeur refuge est disponible sur place.
Comme le démontre Bye-bye l’euro, pour éviter la conversion automatique de son épargne et de ses liquidités dans la monnaie de singe que le franc-euro est condamné à devenir en 48 heures, il faut anticiper. Retirer, avant l’entrée en vigueur inévitable des limitations de retraits par les banques, l’argent liquide possible : vider ses livrets d’épargne, son compte courant, essayer de racheter son contrat d’assurance-vie (1 400 milliards d’euros en France). Direction le matelas ou le coffre-fort, dont les ventes s’étaient de fait envolées au plus fort de la crise financière, en 2009.
Il s’agit, comme l’explique le conseiller financier mis en scène dans le film, d’effectuer un aller-retour : racheter ses positions à bas prix après la dévaluation. Une manière de rappeler que tout le monde n’est pas perdant dans une dévaluation, notamment ceux que Jacques Attali appelle les « malins ».
Dans le cas d’un « Grexit », qui seraient les principaux bénéficiaires ? Évidemment les plus fortunés, ceux qui ont mis à l’abri dans les banques suisses, à hauteur de dizaines ou centaines de milliards (les évaluations varient du simple au décuple), le produit de la fraude fiscale et du blanchiment de capitaux, qui se trouverait instantanément réévalué dans la nouvelle drachme. Avant l’échéance électorale qui a vu la victoire, attendue, de Syriza, les banques grecques ont fait face, en décembre et janvier, à une quinzaine de milliards d’euros de retraits. Et le fisc à une grève perlée du paiement des impôts, pour faire bonne mesure.
Autant dire que la répression financière ne se limiterait pas au retour du carnet de change imaginé dans le film : il faudrait sans doute aller jusqu’à l’échange obligatoire des anciens billets avec les nouveaux, au cours forcé de un franc-euro pour un euro, au blocage des comptes en euros, etc. Le pouvoir de battre monnaie est inséparable de la violence d’État. Derrière la crise monétaire, il y a toujours la crise sociale et souvent la crise politique, et parfois même la crise de régime.
Si on ajoute la période d’encadrement des monnaies (le SME) préparant la naissance de l’euro aux quinze années vécues sous l’empire de la monnaie unique, la France a vécu avec une devise stable et le plus souvent forte depuis trente ans, plus d’une génération. C’était avant les chaînes de valeur mondialisées, les vols lowcost ou les espaces sans frontières. Avant l’Internet et le e-commerce. Le grand bond en arrière vers le franc ne se limiterait pas à un simple changement de devise. Trop peu de temps a passé, manifestement, pour désarmer les thuriféraires de la dévaluation chronique qui pensent qu’une monnaie faible est le Graal de la stratégie économique et ouvre un chemin semé de roses vers la prospérité. Nostalgie, quand tu nous tiens.
A bientôt.
Grosse bise numérique

Janvier 2022 : Radiocast #045 – Pierre Boulez

Pierre Boulez (1925-2016)

Boulez et la singulière leçon contre les catégories de l’universel
Ecoutez
« On n’établira jamais la limite entre perception et spéculation, et c’est une des obligations du compositeur que de la refuser comme telle. » (Pierre Boulez).

Étranges coïncidences. L’an dernier, en 2015, la Cité de la Musique de Paris avait organisé en même temps deux expositions sur deux « génies » de la musique mondiale, David Bowie et Pierre Boulez. Et en début janvier 2016, ces deux « stars » sont tristement réunies dans de nombreux hommages en raison de leur disparition à quelques jours d’intervalle. En effet, Pierre Boulez s’est éteint le 5 janvier 2016 à 90 ans tandis que David Bowie le 10 janvier 2016, deux jours après son 69e anniversaire et la sortie de son dernier album.

Cet article n’évoque pas David Bowie dont je ne connais pas grand chose, mais Pierre Boulez uniquement. J’avais déjà évoqué l’homme et son art dans deux articles l’année dernière, à l’occasion de ses 90 ans et à l’occasion de l’exposition que je viens d’évoquer.

Boulez a eu trois métiers, tous les trois très largement reconnus dans le monde : compositeur, chef d’orchestre et pédagogue. Et au-delà de cette sphère professionnelle et musicale, il a eu une grande influence sur les milieux de la culture pendant une cinquantaine d’années en France (il a notamment eu beaucoup d’influence dans la construction de la nouvelle salle de concert à Paris, la Philharmonie 1 après avoir influencé dans la construction de la première salle de la Cité de la Musique de Paris).

Comme pédagogue, il fut professeur au Collège de France à la chaire Invention, technique et langage en musique, de 1978 à 1988, et a fondé le Domaine musical de Paris en 1954, l’Institut de recherche et coordination acoustique et musique (IRCAM) en 1969 et l’Ensemble intercontemporain en 1975. Son dernier cours au Collège de France fut intitulé : « L’œuvre, tout ou fragment ». Le Collège de France fut pour Boulez l’occasion de faire de grandes rencontres avec beaucoup d’intellectuels ou de scientifiques, comme Alain Connes, Michel Foucault, Roland Barthes, Jean-Pierre Changeux, etc.

Comme compositeur, il fait partie des trois plus grands compositeurs français de notre époque actuelle, à la fin du XXe siècle, avec Olivier Messiaen (1908-1992) et Henri Dutilleux (1916-2013) qui est mort il y a deux ans et demi et dont on fête cette semaine le centenaire.

Désireux de ne jamais se laisser enfermer, et d’aller toujours vers de nouveaux territoires, le compositeur avait même envisagé la physique quantique et la théorie des catastrophes de René Thom pour développer ses études musicales : « Ce qui est extrêmement important pour moi, c’est de réaliser le côté inéluctable des œuvres écrites par les prédécesseurs historiques, de constater qu’après certaines œuvres, il est strictement impossible d’écrire comme avant, que ces œuvres ne peuvent vous toucher seulement comme des accidents personnels, mais comme de véritables cataclysmes géologiques qui ont changé entièrement la configuration de la pensée musicale. ». Ce qu’auraient pu dire pour la peinture des maîtres comme Picasso, que Boulez appréciait bien qu’à la fin, il ne se renouvelait plus, selon lui (dit dans des entretiens avec Jean-Pierre Changeux rediffusés par France Culture le 14 janvier 2016).

Comme chef d’orchestre, il a fait également partie des plus grands et je voudrais en profiter pour citer quelques-uns de ses collègues, eux aussi très largement reconnus, qui sont partis récemment, Sir Colin Davis le 14 avril 2013 à 85 ans, Claudio Abbado le 20 janvier 2014 à 80 ans, Lorin Maazel le 13 juillet 2014 à 94 ans, et il y a quelques semaines, Kurt Masur, le 19 décembre 2015 à 88 ans, des chefs d’orchestre mythiques que j’aurais tant voulu écouter à des concerts mais je n’en ai pas eu l’occasion.

En revanche, j’ai eu la grande chance d’avoir assisté à deux concerts dirigés par Pierre Boulez, à Paris. L’un assez « classique » et il semblait plus performant avec le concerto de chambre de Berg qu’avec la sérénade « Grand Partita » de Mozart. Peut-être parce que la précision et l’énergie pouvaient prendre le pas sur la sensibilité. Et dans l’autre concert, qui m’avait beaucoup ému, il a dirigé sa propre œuvre, c’est assez rare d’assister à ce genre de concert d’un très grand compositeur, et j’avais savouré cette chance et privilège d’être présent.

Il s’agissait de « Pli selon pli », une œuvre entièrement inspirée de Mallarmé, pour soprano et orchestre, qui peut étonner, qui peut déranger, qui peut mettre mal à l’aise, qui peut aussi enthousiasmer. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié, parce que la voix de la soprano percute les habitudes, saute des octaves, accompagne l’orchestre comme dans un dernier retranchement du conventionnel. Une exploration particulière de la musique propre à Boulez, que l’exposition qui lui était consacrée à la Cité de la Musique l’an dernier avait associée à un mobile de Calder.

Pour terminer ce petit article, je voudrais citer Michel Foucault, qui fut un ami de Boulez, sur son art musical, dans un article qui servit de préface au troisième tome de « Points de repère » de Pierre Boulez, intitulé « Leçons de musique » : « On croit volontiers qu’une culture s’attache plus à ses valeurs qu’à ses formes ; que celles-ci, facilement, peuvent être modifiées, abandonnées, reprises ; que seul le sens s’enracine profondément. C’est méconnaître combien les formes, quand elles se défont ou qu’elles naissent, ont pu provoquer d’étonnement ou susciter de haine ; c’est méconnaître qu’on tient plus aux manières de voir, de dire, de faire et de penser qu’à ce qu’on voit, qu’à ce qu’on pense, dit ou fait. (…) À l’époque où on nous apprenait les privilèges du sens, du vécu, du charnel, de l’expérience originaire, des contenus subjectifs ou des significations sociales, rencontrer Boulez et la musique, c’était voir le XXe siècle sous un angle qui n’était pas familier : celui d’une longue bataille autour du « formel » (…). Pour aller à Mallarmé, à Klee, à Char, à Michaux, comme plus tard pour aller à Cummings, Boulez n’avait besoin que d’une ligne droite, sans détour ni médiation. (…) Boulez allait directement d’un point à un autre, d’une expérience à une autre, en fonction de ce qui semblait être non pas une parenté idéale mais la nécessité d’une conjoncture. En un moment de son travail (…), soudain se produisait le hasard d’une rencontre, l’éclair d’une proximité. Inutile de demander de quelle commune esthétique, de quelle vision du monde analogue pouvaient relever les deux « Visage nuptial », les deus « Marteau sans maître », celui de Char et celui de Boulez. Il n’y en avait pas. À partir de l’incidence première, commençait un travail de l’un sur l’autre ; la musique élaborait le poème qui élaborait la musique. Travail d’autant plus précis justement et d’autant plus dépendant d’une analyse méticuleuse qu’il ne faisait confiance à aucune appartenance préalable. Cette mise en corrélation à la fois hasardeuse et réfléchie était une singulière leçon contre les catégories de l’universel. » (« Nouvel Observateur » du 2 octobre 1982).

Comme Dutilleux, Boulez était un perfectionniste et a laissé à son catalogue un nombre assez restreint d’œuvres parce qu’il les modifiait, complétait, réorchestrait souvent au fil du temps.

Je propose ici trois œuvres de Boulez citées plus haut.

1. « Le Visage nuptial », pièce pour soprano, mezzo-soprano, chœur et orchestre, créée le 4 décembre 1957 à Cologne sous la direction de Boulez (initialement composée en 1946 et créée en 1947 pour soprano, contralto, deux ondes Martenot, piano et percussionniste), inspirée d’un poème de René Char. Elle a été modifiée pendant une cinquantaine d’années et la version ultime a été créée le 26 février 2014 à la Cité de la Musique de Paris à la clôture du Festival « Présences » de Radio France.

Le Visage Nuptial

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2. « Le Marteau sans maître », pièce pour alto et six instruments, dédiée à Hans Rosbaud, créée le 18 juin 1955 à Baden-Baden par Sybilla Plate et les solistes de l’Orchestre du Südwestfunk Baden-Baden sous la direction de Hans Rosbaud, inspirée d’un poème de René Char.

Le Marteau Sans Maître – Boulez – Callithumpian Consort – FULL VIDEO

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3. « Pli selon pli, portrait de Mallarmé », pièce pour soprano et orchestre, créée le 13 janvier 1958 à Donaueschingen, en Allemagne, par Ilse Hollweg et l’Orchestre de la Radio de Hambourg sous la direction de Hans Rosbaud, inspirée d’un poème de Mallarmé. Elle a été complétée et modifiée jusqu’en 1989.

Pierre Boulez Pli selon pli

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Le silence sera-t-il aussi… de Boulez ?

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 janvier 2016)
http://www.rakotoarison.eu

Pour aller plus loin :
Les 90 ans de Pierre Boulez.
Une exposition sur Pierre Boulez.
Jean Sibelius.
Armide.
Pierre Boulez.
Henri Dutilleux.
Pierre Henry.
Myung-Whun Chung.
L’horreur musicale en Corée du Nord.
Mikko Franck.
Le Philharmonique fait l’événement politique.
Concert du 14 juillet 2014.
Le feu d’artifice du 14 juillet 2014.

Décembre 2021 : Radiocast #044 – Antonin Artaud

Antonin Artaud (1896-1948)

Déclaration du 27 janvier 1925
Ouvert le 11 octobre 1924 au 15, rue de Grenelle, le Bureau de Recherches surréalistes a l’ambition de recevoir tous ceux que le Surréalisme intéresse et d’être attentif à leurs questions comme à leurs propositions.
Porte ouverte sur l’inconnu, cette « Centrale », qui fermera l’année suivante, fut pendant quelques mois dirigée par Antonin Artaud.
Eu égard à une fausse interprétation de notre tentative stupidement répandue dans le public

Nous tenons à déclarer ce qui suit à toute l’ânonnante critique littéraire, dramatique, philosophique, exégétique et même théologique contemporaine :
1° Nous n’avons rien à voir avec la littérature,
Mais nous sommes très capables, au besoin, de nous en servir comme tout le monde.
2° Le SURRÉALISME n’est pas un moyen d’expression nouveau ou plus facile, ni même une métaphysique de la poésie;
Il est un moyen de libération totale de l’esprit et de tout ce qui lui ressemble.
3° Nous sommes bien décidés à faire une Révolution.
4° Nous avons accolé le mot de SURRÉALISME  au mot de RÉVOLUTION uniquement pour montrer le caractère désintéressé, détaché, et même tout à fait désespéré, de cette révolution.
5° Nous ne prétendons rien changer aux mœurs des hommes, mais nous pensons bien leur démontrer la fragilité de leurs pensées, et sur quelles assises mouvantes, sur quelles caves, ils ont fixé leurs tremblantes maisons.
6° Nous lançons à la Société cet avertissement solennel :
Qu’elle fasse attention à ses écarts, à chacun des faux pas de son esprit nous ne la raterons pas.
7° A chacun des tournants de sa pensée, la Société nous retrouvera.
8° Nous sommes des spécialistes de la Révolte.
Il n’est pas de moyen d’action que nous ne soyons capables, au besoin, d’employer.
9° Nous disons plus spécialement au monde occidental :

le SURRÉALISME EXISTE
– Mais qu’est-ce donc que ce nouvel isme qui s’accroche maintenant à nous ?
– Le SURRÉALISME n’est pas une forme poétique.

Il est un cri de l’esprit qui retourne vers lui-même et est bien décidé à broyer désespérément ses entraves, et au besoin par des marteaux matériels.
DU BUREAU DE RECHERCHES SURRÉALISTES                                                                                                15, rue de Grenelle

Novembre 2021 : Radiocast #043 – Alterité

Alterité

Octobre 2021 : Radiocast #042 – L’histoire de Radio Caroline part1

Retour sur l’une des premières radios européennes

 

Septembre 2021 : Radiocast #041 – Le triangle infernal de la politique économique

Consommation, équilibre budgétaire, équilibre du commerce extérieur, c’est le triangle infernal de la politique économique française…


Août 2021 : Radiocast #040 – Drone Ambulance

Le drone ambulance est capable de transporter une charge de 4 kg en un temps record. Par exemple, Le protocole d’action est simple, lorsqu’un individu est victime d’un arrêt cardiaque, le témoin appelle le 112, le « drone ambulance » localisera l’appel et grâce à son GPS volera automatiquement vers le lieu de l’accident… Le futur quoi !!


Juillet 2021 : Radiocast #039 – Comment Éviter une guerre nucléaire ?

Il est clair que l’essentiel est éviter une guerre nucléaire. Puisqu’un tel problème doit être évité, il est impossible de le résoudre seul, il faut se rencontrer…


Juin 2021 : Radiocast #038 – Hiroshima Nagasaki, crime de guerre – crime raciste?

Bien que les bombardements ne remplissent pas les critères du génocide, certains estiment que ces critères sont trop stricts, et que les bombardements constituent bien un génocide…


Mai 2021 : Radiocast #037 – Idéologie du Punk

4 minutes pour comprendre le punk par son renouveau culturelle, la liberté maximale de l’individu avec un cadre de vie avec le moins de restriction possible, le DIY… pas vraiment d’actualité? A vous de juger!


Avril 2021 : Radiocast #036 – Dormir

Dormir et temps perdu… mieux dormir ou plus longtemps… rêver ou se reposer…


Mars 2021 : Radiocast #035 – Chômage

Le chômage est une période plus ou moins longue de réflexion sur soi même. Puisque tel un piquet, il peut servir à faire réfléchir son employé, il est de plus en plus utilisé dans notre société moderne et intellectuelle.


Février 2021 : Radiocast #034 – Culture et déconfiture

Réflexion sur l’attentat de Charlie Hebdo…


Janvier 2021 : Radiocast #033 – Bonne année

Que des bonnes nouvelles!


Décembre 2020 : Radiocast #032 – Combien ça rapporte !!/strong>

Combien rapporte un salari à son employeur?! Trés bonne question !!


Novembre 2020 : Radiocast #031 – Bionic Commando

Bionic commando, c’est pas un jeu vidéo…


Octobre 2020 : Radiocast #030 – Le Mouvement Punk

Le mouvement punk est parfois associé à une philosophie sociale, plus ou moins élaborée, comme en témoignait dernièrement le film Le Grand Soir (2012), mais l’image du punk oisif semble être tout aussi bien ancrée dans les représentations… ( Fabien Hein, Do it yourself ! Autodétermination et culture punk)


Septembre 2020 : Radiocast #029 – L’après capitalisme

L’après capitalisme ?! On y pense et on oublie…


Août 2020 : Radiocast #028 – Aux frontières d’un nouvel eugénisme

Vous avez dit reprogénétique, un nouveau eugénisme, une population parfaite…


Juillet 2020 : Radiocast #027 – Ces salauds qui nous gouvernent

Ces salauds qui nous gouvernent qui pensent faire le bien-fait ou peut être ils se moquent de nous…


Juin 2020 : Radiocast #026 – L’homme est le virus de l’homme Perola Milman

La série chronique viral, ce moi ci un texte de Pérola MILMAN est chargée de recherche au CNRS et travaille au Laboratoire de photophysique moléculaire du CNRS.


Mai 2020 : Radiocast #025 – Boboland

on vous souhaite la Bienvenue à Boboland…


Avril 2020 : Radiocast #024 – Extinction de l’humanité


Extinction de l’humanité de Paul Jorion qui est un anthropologue, sociologue et essayiste belge. Ses enquêtes de terrain l’ont mené des populations de pêcheurs côtiers français puis africains, au monde de la finance. Ses essais portent surtout sur l’économie capitaliste, la finance et l’avenir de l’humanité. (source wikipedia).


Mars 2020 : Radiocast #023 – Art et Société

Michel Thévoz s’intéresse plus particulièrement à des phénomènes « borderline » tels que l’art des fous, le suicide, le spiritisme ou le reflet des miroirs.(source wikipedia)


Février 2021 :: Radiocast #023 :: Art Contemporain

Jean-Louis Maubant est son questionnement sur le financement de la culture par le privé…


Janvier 2020 :: Radiocast #022 :: Les Banques et l’Ethique

Les Banques et l’éthique, je crois qu’il y a un truc qui ne marche pas …


Décembre 2019 :: Radiocast # 21 – Subvention

On se retrouve au salon de la subvention avec radio parasite.


Novembre 2019 :: Radiocast # 20 – intelligence Artificielle

Bill Gates VS intelligence Artificielle, round 1 !


Octobre 2019 :: Radiocast # 19 – Bilderberg

Le groupe Bilderberg, aussi appelé conférence de Bilderberg, est un rassemblement annuel et informel d’environ cent trente personnes, essentiellement des Américains et des Européens, composé en majorité de personnalités de la diplomatie, des affaires, de la politique et des médias; mais pourquoi cette conférence?


Septembre 2019 :: Radiocast # 18 – Albert Einstein


Etudiant, professeur, Albert Einstein…


Août 2019 : Redif’


Juillet 2019 :: Radiocast # 17 – Le Tourisme

Le Touriste, les tours opérateurs, la pollution… n’est pas seulement.

 


Juin 2019 :: Radiocast # 16 – Big Brother

Big brother is watching you and more…


Mai 2019 :: Radiocast # 15 – Comme Si Nous Etions Déjà Libres

Libre, on peut toujours y croire…


Avril 2019 :: Radiocast # 14 – La Crise Financière

La crise financière est un détonateur d`un éveil citoyen ?!


Mars 2019 :: Radiocast # 13 – Ami Policier

La question de la place de la police dans notre société, protection de la population ou des instance dirigentes!?… La violence exprimée lors des dernières manifestations « gilet jaune » nous pose question?


Février 2019 :: Radiocast # 12 – Consomacteur !!

Néologisme qui décide vraiment d’utiliser consciemment son pouvoir d’achat?


Janvier 2019 :: Radiocast # 11 – Au Bord De La Guerre


Décembre 2018 :: Radiocast # 10 – Accélére Bon Dieu – Hartmut Rosa

Hartmut ROSA « Si l’accélération constitue le problème central de notre temps, la résonance peut être la solution »


Novembre 2018 :: Radiocast #009 – A La Reconquete Des Usages Interdits


Octobre 2018 :: Radiocast #008 – A La Reconquete Des Usages Interdits


Septembre 2018 :: Radiocast #007 – De la Plantemix


Août 2018 :: Radiocast # – rediff


Juillet 2018 :: Radiocast #006 – Techniques De Manipulation !


Se savoir manipulé n’est jamais agréable…


Juin 2018 :: Radiocast #005 – Le Développement Durable Comme Rouage !


L’écoblanchiment ou greenwashing, du marketing de l’écologie à votre service


Mai 2018 :: Radiocast #004 – Acheter Des Fans Sur Facebook !


Acheter Des Fans Sur Facebook, ça vous branche!?


Avril 2018 :: Radiocast #003 – Deleuze sur la Musique / part. 2


Deuxième temps sur Deleuze sur la musique.


Mars 2018 :: Radiocast #002 – Deleuze sur la Musique / part. 1


Deleuze sur la musique ne sont souvent pas moins déroutants. Certains apparaissent même au musicien irrecevables si on les entend (à tort bien sûr) comme des philosophèmes, c’est-à-dire hors de leur consistance philosophique d’énonciation…


Février 2018 :: Radiocast #001 : Fondation anti-sacem


Des articles d’économie,nouvelles technologies philosophie,science,politique,art, société, humour, traités en synthèse vocale et accompagnement sonore. Bienvenue dans un monde en mutation.



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